24 février

Villes nouvelles.

Cette semaine, j’ai fait deux courts voyages. L’un à Qingdao une ville balnéaire  à 1 heure de vol de Shanghai dont les shanghaiens m’ont vanté la beauté.  Comme villégiature, on a fait mieux mais ces types-là ne connaissent pas les rochers de la Réserve le soir, la plage de Passable au matin ou le cap Camarat en mai, ceci explique cela.

L’autre voyage était à Wuhan (j’y suis encore cette nuit), capitale de la chine centrale, à deux heures de Shanghai avec ces 15 millions d’habitants et ses 3500 d’histoire au bord du majestueux fleuve Yang Tsé.

Mouais…Des barres d’immeubles grisâtres prises dans l’étoupe d’un ciel bouché, des rues larges comme des autoroutes, des fabriques énormes, des shopping mall,  voilà Wuhan, voilà Shanghai, voilà Qingdao… voilà la Chine industrielle, la seule que je connais pour le moment.

J’espère avoir l’occasion de voir le Tibet, le Yunnan, le Sichuan…car la Chine compte bien des endroits magnifiques mais ce sont des paysages naturels.

Les métropoles  immenses de Chine sont devenues si laides. Elles sont des lieux indifférenciés où se croisent des flux (gens, argent, marchandises) selon leurs rythmes propres. Il y manque un véritable décor et une orchestration. Le décor proposé est publicitaire; il s’y instaure un rapport mensonger à soi-même,

Le rapport à la ville s’y résume à un itinéraire individuel sans mise en scène. On se contente de gérer les feux de signalisation. Nous sommes bien loin de Noto ou de Palerme. Ces villes-là ont été conçues comme des scènes de théâtre, qui donnaient un place aux corps et à la politique.

Ces villes nouvelles n’existent que par ce qu’elles captent des flux et les engloutissent pour nourrir leur folle croissance.Je suis nostalgique des villes qui dévoraient moins et donnaient plus. Mais j’ai tort sans doute. Un jour, une partition organisera peut être ces bruits et on entendra un peu de musique.

Bach.

Je suis tellement claquée par ces déplacements qui suivent de si près le voyage harassant en Inde que j’ai écouté de la musique justement. Partitas, Clavier bien tempéré, Messe en si mineur… rien que du Bach. J’ai l’impression que la limaille de fer qui s’agite sans ordre dans ma pauvre caboche tout d’un coup se trouve bien rangée dans l’axe des pôles.

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