10 mars

Ville.

L’hiver n’en finit pas à Shanghai. Pluie et froid. J’ai pris une crève que la médecine sur-dosée chinoise n’a pas soignée. Le froid m’est descendu dans les bronches et je crache mes poumons.

J’ai décidé de rester au chaud ce weekend … pas de longue course à pied ce samedi dans l’étrange paysage de mon quartier, un chaos de  villas Tudor en stuc, de hautes tours en construction, de petites maisons à demi écroulées où sèche encore du linge et d’algeco rouillés où vivent les « mingho » (les paysans émigrés de l’intérieur)  qui bâtissent ce nouveau monde.  On dit qu’il se construit ici 200 buildings par an.

Ethique.

J’ai décidé aussi d’en finir avec les étudiants du MBA de Jiatong qui voulaient s’approprier sauvagement mon projet sans m’apporter grand-chose. Car, j’ai appris incidemment qu’il serait porté par une petite entreprise chinoise dont ni moi ni A. n’étions actionnaires. Bref, après tentatives de clarifications et palabres, j’ai dit stop. Quand on pense que je les ai rencontrés après une présentation que j’ai donnée dans un cours de Business Ethics, c’est trop drôle !

Nom d’un chien.

J’ai rencontré un jeune couple de designers français  qui sont ici depuis 4 ans et m’ont parlé d’une autre Chine que celles des tristes cités industrielles que je visite. Le Yunnan et un site incroyable (une arche au-dessus d’une rivière de 400 m de haut), des cités-forteresses à quadruple enceinte du nord de la Chine. Ils sont occupés à imaginer une marque de vêtements pour chiens.

Le chien se japonise. On lui teint le poil, l’habille de chaussons de soie et de mantelets, lui prévoit une maison de retraite, une niche- hôtel pour les vacances. J’ai trouvé un magasin d’accessoires canins dont l’enseigne évoque presque celle d’une marque de lingerie coquine et qui s’appelle : « Pourquoi Pet ? » Effectivement, la question se pose !

Melting pot.

Je suis en train de recruter un certain M., natif de Lithuanie. Ce jeune balte avec son pedigree très Mittel Europa (russe orthodoxe juif hongrois) et son anglais d’Oxford me semble un type bien. L’expo 2010 a rameuté des jeunes du monde entier à Shanghai qui sont restés et forment un melting pot assez incroyable.

I.  n’évolue guère.  La demande de curatelle renforcée est en cours et a reçu un avis favorable du médecin (le compte rendu est un texte très troublant, foucaldien s’il en est) mais elle refuse en bloc tout ce qu’on lui propose, dans son rêve éveillé d’acheter un deux pièces à P. et d’y vivre toute seule.

Deux longs mois de solitude s’achèvent. Je vais respirer plus librement. Mon état mental est assez stable: une belle énergie au quotidien, des idées claires sur ce qu’il y a faire, aucune vision de ce que je deviens et quelques flèches de fulgurante tristesse.

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