8 avril

Printemps

Les prunus et les cerisiers croulent sous les fleurs onctueuses et roses, comme une pièce montée fanée. Avec leurs bigoudis roses, on dirait des travelos dans un salon de coiffure pour dames. Le printemps n’est pas ma saison préférée. Je m’y sens si inapte au bonheur, plus cruellement encore qu’à  l’ordinaire.  Je n’ai pas cette sacro-sainte légèreté, nom chic que notre époque donne à sa superficialité consumériste. Les lourdauds dans mon genre, amis des profondeurs obscures, ont perdu. Nous sommes des néandertaliens marginalisés. La sanction est plus dure pour une femme, je crois. Les femmes mélancoliques ont toujours tort. Mon égo est malmené d’être si peu « cool », si perpétuellement  « déconstruit ». Très douloureux.

C’est très simple au fond mon problème.

J’ai le sentiment que l’amour ne sera jamais pour moi, et que je suis condamnée à mener cette vie solitaire et nomade jusqu’à la fin.  Avant, j’arrivais la plupart du temps à me convaincre que c’était comme cela et je recevais le bénéfice secondaire de celui qui croit avoir renoncé au désir.  Mais je n’ai pas tué le désir et je souffre. Je ne cherche pourtant pas à combler le manque. Au moins, toutes ces années de solitude m’auront appris que le manque n’est jamais comblé  et qu’il ne faut pas surtout pas le combler.

Je suis désolée de craquer comme cela.

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