28 avril

Hamlet en Chine

Comment ça va avec la douleur ? Je m’interroge jusqu’à l’épuisement. Mais n’est-ce pas justement ce je cherche : me fatiguer de la douleur, me défaire d’elle comme d’une guenille qu’on a trop portée.

Les trois dernières semaines ont été profondément angoissantes mais je vais un peu mieux depuis quelques jours. Pourvu que cela dure.

Etre ou ne pas être.  Après Richard II, j’ai relu Hamlet, LA pièce, géniale du premier mot au dernier cadavre et puis aussi le Songe d’une nuit d’été dont le nouveau décor est à Shanghai, dans le parc où je vais courir à la nuit tombée. Brillamment éclairé comme toute la ville, la nature qui émerge timidement du béton est colorisée façon chromo : arbres vert fluo, buisson pourpres, troncs dorés. Sous les arbres roses ou bleus verts, des elfes grutiers et des farfadets maçons jouent au jeu de go.

 Nullité

Samedi dernier à Pékin, dans une conférence sur le design des carrosses (Porsche, Audi, Bentley, Nissan, Geely, Cherry, Great Wall), j’apprends que l’immense majorité des designers auto en Chine ne savent pas conduire. Certes, ils ne savent pas non plus dessiner mais quand même !

Je n’en peux plus de mes stagiaires chinoises qui sont complètement nulles. Au moindre problème, l’arrêt est total et le temps de se reprendre, la journée est passée. Je m’en suis ouvert à M. qui m’a dit qu’il a eu des stagiaires (techniciens acoustiques) qui s’arrêtaient et venaient le voir quand le pointeur de la souris sortait de l’écran. On trouve encore des vrais benêts en France. Sur ce point, notre compétitivité n’est pas entamée.

D. chez les khmers vit peu ou prou la même chose. Il  intègre et met en route je ne sais trop quel logiciel de comptabilité bancaire à la Banque du Cambodge – comme quoi les sales boulots c ‘est toujours pour les émigrés !  Lundi, chattant sur Skype pendant sa réunion, on a copieusement abreuvé tous ces ‘têtes d’œufs’ d’injures racistes puisées dans le film d’Eastwood Grand Torino.

Nom de noms.

Les noms de marques de mode et d’accessoires en Chine. Après le  « Mouise » neurasthénique, un « Joli Abattage » sanglant, j’ai découvert ces jours ci  la marque « Glamourovsky » qui fait du Swarovski avec le charme discret de l’oligarque russe.

Il faut que je me lasse. Il faut que je me lasse de pleurer, il faut que je me lasse de la douleur familière d’être moi, il faut que mon égo vexé cesse de regretter ce ratage, il faut que la peur d’un bonheur possible cède, il faut que la jouissance de ne pas exister cède. Il faut que ma bêtise cède. Je ne survivrais pas si cela ne cède pas.

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