1er juin

Défilé.

Hier, je suis allée au défilé de mode des étudiants de l’I…. J’y étais déjà allée l’année dernière avant que nous ne soyons virées comme des malpropres par l’honorable O.C.,  le Dragon en Versace chinois et directrice de la pire école de Mode du monde.

Le défilé était moins nul que l’année dernière ; deux stylistes avaient un brin de talent : une bulgare et une française. J’ai salué la C. ainsi que son vieil amant K., un russe blanc recuit d’alcool qui supporte les foudres de sa mégère pour les dividendes qu’elle lui procure. Je lui demandais comment allaient ses affaires. « Ce n’est pas des affaires, c’est de l’éducation », a-t-il répondu. « C’est bien dit, n’est-ce pas ? », a-t-il cru bon d’ajouter. J’ai un peu ri parce qu’il faut être vraiment au bout du rouleau pour dire un truc pareil.

Bonne à rien.

Je suis une bonne à rien dans ce pays. On est faible ici quand on est gentil et sincère. Mais en même temps, pour un chinois, il est incompréhensible qu’on ne souhaite pas faire respecter sa « face », ce pécule inconsistant et stérile qui sert d’identité sociale. Qui ne respecte pas l’étiquette, pense le chinois, doit être très fou, très fort ou très sage. Et ça lui fait peur.

J’ai l’impression que ma vie se fait sans moi. Elle roule et moi je cours derrière. Je ne suis pas vraiment triste, seulement je me sens un peu perdue, pauvre et démunie.

La pauvreté rend ingénieux.

Il y a une semaine, avec deux mots de vocabulaire, « eau » et « source », j’ai expliqué au livreur que je voulais changer d’eau. Lundi, il est venu avec la nouvelle eau et moi j’avais le bon montant correspondant au bon prix. Nous avions tous les deux les yeux brillants de connivence de nous être si bien compris. Ici, on s’entend toujours avec les gens de peu. Ils sont vifs d’esprit car leur survie dépend souvent de leur compréhension rapide d’une situation. La pauvreté rend ingénieux.

Styliste par imitation.

Pour aider A., J’ai travaillé sur Iro et Qua, les deux marques japonaises et coréennes . Je l’ai fait bien rire dans mon imitation de styliste ratée de marques plouc (« la secrétaire en tailleur 80 » , « la romantique agricole » ) Je ne connais pas la mode mais j’imite assez bien et au final, le résultat est sensiblement le même. Les bonnes choses qui sortent de nous naissent essentiellement de l’illusion que l’on pourrait être bon à quelque chose.

Un rabbin disait : «  si tu veux être un bon juif, fais comme si tu l’étais ».

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