28 juillet

Partir.

Je quitte Shanghai dans trois jours pour quelques semaines. Je me demande avec quels yeux je vais voir la France, ce vieux pays si compliqué. On dit que sa patrie véritable est celle qui nous a permis de devenir nous-mêmes. « Il se pourrait que mon pays n’existe sur aucune carte ».

Rien.

Je ne me risquerais pas à faire de bilan de ce séjour de plus de six mois. Deux choses seulement. Nous avons pu avec A. recréer un quotidien matériel et professionnel presque familier. Mais Shanghai reste fondamentalement pour moi le pays de l’isolement. Ma parole s’y éteint et je perds la seule chose qui  me permet d’exister. Plus fort encore ! Contrairement au roman du Comte de Montecristo où le héros puise dans l’exil, l’énergie nécessaire à sa résurrection, en ce qui me concerne que nulle voix ne monte de ces ruines silencieuses. Je ne rapporte donc « rien » de Chine si ce n’est  peut-être une connaissance plus précise du vide qui fait le fond de l’âme.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :