29 septembre

Insight Shanghai et les chinoises.

5ème édition d’Insight Shanghai. On parlait des femmes. J’avais laissé faire : pas de contrôle des présentations; presque que des speakers femmes (quand on dit ‘speakerines’ tout de suite, ça fait con, n’est-ce pas ?).

Il y a eu du monde, le contenu était inégal mais pas mal dans l’ensemble. Une sociologue chinoise est venue nous parler de son enquête sur les parents des « Sheng Nu ». Les « Sheng Nu ». – littéralement les femmes laissées pour compte – ne trouvent pas à se marier car elles ont plus de 27 ans (date de préemption d’une fille) ; qu’elles ont fait des études et qu’elles travaillent.  Leurs parents désespérés tentent de les caser en faisant l’article dans les jardins publics (la place du peuple à Shanghai).

La présentation était assez moyenne mais ce qui a ruiné l’affaire c’est qu’en conclusion de son exposé, elle s’est lancé dans un vibrant plaidoyer en faveur du mariage, gage exclusif de bonheur à ses yeux.  Je l’aurais volontiers pendue aux bretelles de son soutif.

Quand elles ont la chance de  naître- rappelons qu’il naît en Chine 120 garçons pour 100 filles-, la plupart des femmes en Chine femmes jouissent d’un statut plus enviable que dans bien des pays ; leur influence est indéniable et peu contesté. Sur ce point, Mao leur a été assez bénéfique. Pourtant, nombre d’entre elles jouent encore à être ces petits êtres fragiles, timides et nunuches, littéralement obsédés par le mariage, la maternité et le shopping.

Je reste atterrée par l’idéologie substantialiste qui domine, et pas qu’en Chine hélas, et qui nous vend l’idée d’une fin du féminisme où les femmes désormais libérées feraient enfin ce qui leur plait c’est-à-dire, nous précise-t-on à toutes fins utiles, du shopping et du « buzz avec leur corps » à la manière des héroïnes de Sex and the city.

Heureusement que j’avais fait venir H.Y. , une jeune femme qui lance un concept de magasin de mode dans le genre de l’Eclaireur à Paris. Elle était en noir de la tête au pied, superbe et très sophistiquée et a expliqué qu’une femme est pas obligée de se saper en rose avec des escarpins à plateforme imprimés léopard. Merci Y.

Noms de Marques.

Puisque que j’en suis à parler chiffon voilà longtemps que je n’ai pas parlé « nom de marques » en Chine. Au centre commercial à côté de chez moi, les enseignes changent rapidement. Ces dernières semaines, une grande boutique de fringues était en travaux. Sur les bâches de chantier, cette inscription : «7.Modifier ». Cela m’avait intrigué, j’avais trouvé même l’idée assez intéressante- une sorte d’injonction  à la transformation, un « work in progress » presque conceptuel.  Mais non ! C’est le nom de la marque. Et comme d’habitude, c’est notre bon vieux style girly, un mix and match improbable de serpillière et de dentelle. Rien n’est « modifié ».

Biga et Baleno.

Un brin de culture pour finir. J’ai été très stupéfaite de découvrir qu’à  la fin d’un bouquin de Baleno (Anvers), – écrivain chilien auteur de 2666 –  que celui-ci parle de Daniel Biga, un grand poète français que j’ai eu la chance de rencontrer cet été à Amirat. Il écrit : « pareille à ces vers de Leopardi que Daniel Biga récitait sur un pont nordique pour se donner du courage, ainsi soit mon écriture. » N’est-ce pas merveilleux ce cheminement secret qui va de livres en livres comme le vent dans les herbes hautes.

Il se pourrait bien qu’on ne lise qu’un seul livre.

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