22 décembre

Fin de quoi déjà ?

J’avais vaguement espéré que la fin du monde m’autoriserait à ne pas préparer une présentation pour la soirée de Noel d’une grosse entreprise chinoise. Du coup, j’ai été bonne pour me lever tôt ce matin et préparer quelques ‘slides’ histoire de tenir 45 minutes. Evidemment, tout s’est bien passé. Un peu de métier et un vieux fond d’éloquence et voilà le travail. La soirée a été épique. J’ai eu droit à des présentations de jeunes cadres fraîchement émoulus de leur MBA qui ont  utilisé  tous les acronymes de la nov’ langue managériale  PITA, 5W, 6C, MTS, ETO, UIA et l’inaltérable KPI. Avec toutes ces lettres on aurait pu faire un scrabble géant.

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Je me suis farcie un jeu de chaise, une loterie, deux chorégraphie de « ganjam style » et une pièce de théâtre où des employés, comédiens d’un soir, représentaient une scène au travail. Ils portaient des pancartes autour du cou pour que l’on identifie sans ambiguïté leur personnage. Étrange sensation. Moi j’y ai vu une résurgence de de la révolution culturelle et ces photos terribles où les «  traîtres à la révolution » portaient ainsi leur nom d’infamie. Il y a eu du bon vin argentin et j’ai repris deux fois d’un rosbif saignant et fondant à souhait.

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K.

Cette fin du monde d’opérette m’a valu un appel de K. que j’ai connu il y a 20 ans à Rome et que j’avais fui alors, happée par un tourbillon d’incertitudes et de tourments. Autant dire lâchement. Il vit à New York et après avoir été galeriste et promoteur immobilier d’un immeuble dessiné par Shigaru Ban du coté du Meatpacking district,  il est maintenant peintre conceptuel et auteur d’un roman pornographique  publié à compte d’auteur.

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K. était il y a 20 ans un mélange unique de trivialité et de d’élégance et ce charme est resté. Il a prétendu se souvenir que nous avions voyagé ensemble à Francfort, puis, comme j’en doutais, il a dit que c’était surement avec une autre fille. Du coup, je lui ai envoyé quelques poèmes avec cette dédicace : «  à K, en souvenir de Francfort où nous ne sommes peut-être jamais allés ensemble ». Il m’a remercié en me disant que cela lui avait rappelé « l’année dernière à Marienbad ».

Playtime

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Cette semaine, j’ai passé un check up médical complet dans un centre médical en vue de l’obtention du visa de travail en Chine. Le processus de vérification des yeux, radio des poumons, tension, prise de sang est affiché au mur et les employées du centre s’y conforment scrupuleusement, avec cette forme d’indifférence que donne la répétition mécanique des mêmes gestes. En peignoir, ahuris, le candidat au visa est dirigé de salle en salle par de sèches injonctions. En trente minutes tout est bouclé . Le patient sort de la chaîne d’assemblage, rend son peignoir et se barre avec la sensation d’avoir assisté à un ballet technocratique de haute volée. Un véritable « tour de force » bureaucratique. Je précise que vu la vitesse d’examen, j’aurais pu avoir un goitre, la gangrène et être droguée à mort qu’ils n’auraient rien vu. Seuls les poissons rouges de la salle d’attente s’en seraient peut être inquiétés  mais on ne leur demande pas leur avis.

The mooost of it

J’ai été invitée à visiter des show-rooms et j’ai pu faire ainsi ma petite provision de noms de marques: Omni-rien et Mooost. MOOST. Quatre mots, deux fautes (enivronmental, concetp, …) et du coup je me demande si MOOST n’est pas un énooorme faute de frappe avant d’être manifestement une faute de goût.

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Plonger sous la vague.

I. a débarqué à Paris. Elle avait bu et s’est fait attaquer et voler tout son bagage. B. l’a conduit aux urgences. Itinéraire connu. On y a nos repères.Il est encore difficile pour moi de ne pas voir dans ses errances des intentions, à nous adressées et de me défaire de la gangue de douleur qui m’étreint chaque fois qu’elle trébuche. Cette fois encore, je me suis fait prendre. Pourtant je crois que j’ai ressenti plus consciemment que jamais la possibilité de ne pas me laisser piéger par cette déferlante de noires pensées et de d’émotions violentes et de pouvoir plonger en dessous, comme on le fait pour passer sous une vague.

Photo vedette et photo du livre from Gasser & Grunert.

https://www.dropbox.com/sh/db0sh0a6qxng3mv/Sexp7NeAMI

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