13 juillet

flying

Ah ! La vie d’artiste.

Samedi dernier, je suis allée avec G. du côté de Mogashan Lu chercher une galerie susceptible d’exposer ses dessins. Nous avons rencontré des galeristes, occidentaux ou chinois, avec l’air ahuri de deux nigauds de province embarrassés par tant de ‘coolitude’. Il est apparu assez vite que qu’il vaut mieux être chinois pour exposer en Chine car le ‘made in china’ pour une fois, fait grimper les cotes. Pour les immigrés russes, il n’y a guère d’autres solutions que de payer son écot à des gérants chinois d’espaces d’art (parler ici de Galerie serait un peu exagéré) qui vous reçoivent en commerçants madrés. Certains n’hésiteraient pas à louer des toilettes comme on le voit sur la photo.

20130706_163703

Tolstoi et le hula hoop.

Dans le taxi du retour, G, très en verve, parlait de la vie, de la mort avec ce mysticisme terrien des russes qu’on trouve aussi chez Tolstoï. Tandis qu’il causait, nous avons aperçu un de ces chinois, en short de coton blanc, le débardeur relevé haut sur le ventre qui faisait ses exercices d’assouplissement sur le trottoir. Ses hanches tournaient et donnaient des coups de boutoir frénétiques dignes d’un gogo danseur tandis que son visage émacié avait l’impassibilité d’un bonze. Il était flottant, ancré et candide à la fois. Il est possible que les anges de Dieu fassent du hula hoop!

tumblr_mog9lzNbFF1qb5wbbo1_1280

Mon premier troll

Mon ami F. m’a recommandé au rédacteur en chef du Business of Fashion et grâce à son ambassade, j’ai publié un premier article.

http://www.businessoffashion.com/2013/07/from-cotton-fields-to-luxury-shirts-how-luthai-moved-up-the-value-chain.html

J’étais contente. Le contenu était dense et le style fluide grâce à la relecture attentive de S. sans laquelle mon anglais n’aurait pas pu passer la rampe. J’avais un peu peur que l’entreprise Luthai, sujet de l’article, n’en prenne ombrage car l’article décoche çà et là de petites piques. Mais c’est le contraire qui s’est produit!  Un troll new-yorkais m’a dénoncé sur twitter comme attaché de presse de Luthai avec des mots grossiers pour BoF. L’accusation était tellement dénuée de fondement que l’affaire en est restée là mais c’est une bonne leçon.

tumblr_mpoyyuMrus1qcvxkso2_500

« Lately, I have been living in silence ».

Jeudi soir, j’ai enfin réussi à aller au NUT, un collectif artistique situé dans une rue populaire de Shanghai et qui projette habituellement des films d’art et d’essai devant une assemblée de bobos expatriés. Le charme vient de ce que les gens du voisinage se pointent sans façon entre deux parties de cartes et les enfants font du patin à roulette sur le parquet. J’ai vu The Ghost Of Piramida, réalisé par un groupe de musiciens danois et qui a pour sujet une île près du pôle nord où les russes ont exploité des mines de charbon de 1975 à 1996. Le film mêle des images d’archives tournées en Super 8 et leur séjour à la recherche de traces sonores de ce monde disparu, un éden glacé où plane l’esprit de l’ours. « Lately, I have been living in silence ». On dirait le début d’un kaddish.

tumblr_mky3vib16Q1qzwmsso1_1280

http://www.theghostofpiramida.com/

Ce que je sais de N.

Sur place, j’ai retrouvé N. un « traveler » suisse dont le visage délicat, ponctué d’une fine moustache me rappelle celui de Buster Keaton et Freddy Mercury. Avec lui, je peux parler une langue commune et cela me fait croire, à tort probablement, que nous partageons un certain usage du monde. Mais lequel ? C’est un homme d’expériences. Poussé par un désir ardent de vivre, il a pris la résolution vers 15 ans de perdre ses repères, de se surprendre et ne plus faire semblant. Il lui a fallu bien du talent pour arriver à faire de son existence une odyssée sincère, raisonnée et continue. La grâce du ciel a permis que l’intuition rageuse et pure de son âge adolescent ne vire à l’aigre. La drogue a joué un rôle intéressant dans sa vie et en particulier le LSD. J’ai beaucoup aimé la précision avec laquelle il m’en a décrit les effets, les découvertes sensorielles et les impasses existentielles. J’ai moins d’expériences mais j’ai autant vécu  et je le rejoins dans cette simple sagesse: il n’y pas de secret !

Que les couleurs aient une texture rugueuse ou lisse qui donne envie de les toucher n’est pas une vérité cachée.

Mot-bi Dick

Il y a dans la langue française un mot que j’utilise assez souvent et dont j’ignore la traduction en anglais. A chaque fois que j’ai besoin de lui, au détour d’une conversation en anglais, il se dérobe et m’oblige à une laborieuse ellipse. Je me promets de partir à sa recherche et puis j’oublie de quel mot français il s’agit. Dans l’interstice des deux langues, il s’échappe toujours sans que je puisse l’attraper.

tumblr_mp37abIelK1qzt15co1_1280

Publicités

un commentaire

  1. serait-il le mot qui semble si souvent t’echapper … umm, machin truc? 🙂
    P.S. petite faute de frappe dans la premiere ligne, chere G.
    P.P.S. merci

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :