18 janvier, du vrai faux cuir

  Rockstar Extremist

Du vrai faux cuir

On m’a demandé de revoir la nomenclature des produits d’une marque de mode chinoise. Et je veux croire que le grand Linné lui-même aurait eu bien du mal à classer ces espèces de produits chinois selon un système de taxons emboîtés. Les modeurs chinois ont une créativité essentiellement combinatoire et passent leur vie à créer des chimères.

Comment départager un tee-shirt long à capuche d’un sweat-shirt fin à manches courtes, des pulls coupés cousus à de la vraie maille tricotée. S’il suffit d’un misérable bout de chiffon pour métamorphoser un tee-shirt en chemisier, où va-t-ton Carl ? J’ai repéré quelques familles et sous-familles improbables. Des « faux faux cuirs » (« Fake PU) » et dans la famille des shorts, une sous-famille désignée comme « demi longueur », ce qui nous amène pas assez près « fesse découverte ».

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L’odeur de l’osmanthus en fleur

La pelouse de la résidence où j’habite est gercée et jaunie par le froid sec de l’hiver. Arbustes et buissons ont l’allure estropiée et souffreteuse de mal-nourris. Pourtant, quand je traverse le jardin, je sens dans l’air froid le filet tenu du parfum des fleurs d’Osmanthus. C’est une odeur merveilleuse, ailée et fringante, plus volumineuse que celle du poivrier.

Sortant d’un rendez-vous, ne résistant pas au sortilège, j’ai acheté deux branches d’Osmanthus dans la rue. Le fleuriste avait l’air d’un clochard céleste :  le cheveu long et sale, il se tenait debout, clope au bec, enfoncé dans une lourde capote bleue devant une brassée de branches en fleur. J’ai pris un taxi pour rentrer. Les branches étaient longues de sorte que le chauffeur et moi avons dû les placer en travers de la Vista Santana du pare-brise au siège arrière . Le chauffeur se pâmait et tout en conduisant enfouissait parfois son nez dans les boutons jaunes des fleurs d’Osmanthus en poussant des petits grognements  satisfaits. Beaucoup des bourgeons fragiles s’étaient détachés des rameaux et roulaient sur le skaï. Je m’apprêtais à les épousseter mais il m’a demandé de les laisser. Quand je suis entrée dans le bureau avec mes deux branches, S. en bonne chinoise, m’a demandé: « how much you paid for this? » puis, un brin honteuse de tant de prosaïsme a ajouté: « it is very delicious ».

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Des illuminations stupides

Entre la sagesse et le truisme, le gué se franchit d’un simple pas. Était-ce l’effet des fleurs d’Osmanthus, je m’avisais plus tard du besoin vital que nous avons de la beauté et que ce sentiment venait, au plus loin qu’on se souvienne, de la contemplation de la nature. Sans doute, les premiers artistes ont voulu prolonger l’effet de beauté d’un arbre en fleur, la brillance de l’eau, le vol d’un oiseau.  Après, très vite, est venu le cliché. Souvent, j’ai la sensation d’inventer l’eau chaude.

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