1er Mars, expérience globale

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Expérience globale

Je connais M. depuis 10 ans. Il dirige une agence de design à Pune, Inde. Ensemble, nous avons créé en 2004 les séminaires Insight India qui nous ont menés de Mumbai, à Delhi et de Londres à Copenhague. On doit en être à la 7eme édition. Seulement cette année, je ne pouvais pas y aller. Je n’ai pas eu le courage de passer l’Himalaya par deux fois en 48 h.  Alors M et moi avions décidé que je ferai mon exposé via Skype. P. mon assistant qui me comprend toujours très bien avait inscrit sur l’agenda « GG leaving to India ». Voui, c’est tout comme !

Hier donc,  vers 11 heures, j’ai interrompu ma revue des jupes et chemises d’une grande enseigne de mode chinoise pour revenir au bureau faire mon exposé sur les tendances du luxe global dans un studio improvisé. Je ne voyais pas le public,  j’entendais mal les questions qui me parvenaient crachotées par une connexion toussotante mais j’avais placé en arrière-plan un grand tableau peint par J. de la vue de Pudong depuis le Bund. Sans doute voulais-je convaincre mes auditeurs que j’étais bien à Shanghai et peut-être attendais-je de ce décor qu’il me grandisse, à l’instar de ces magnats new yorkais qui regardent depuis leur grand bureau vitré la ville qui s’étale à leurs pieds d’un air supérieurement cool.

Après cette expérience de globalisation,  j’ai repris ma bicyclette et je suis retournée à ma tournée locale des chemises et jupons dans les faubourgs malfamés de la mode chinoise. Le boulot y est fait salement mais l’endroit bourdonne comme une ruche. Les portants croulent sous des monceaux de fringues bigarrés, les téléphones sonnent sans discontinuer. Les couloirs sont envahis de parapluies colorés, fleurs éparpillées par terre, tranchés par la pluie qui vrille Shanghai en ces jours glacés.

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Evgeny bondarenko, 2013

French Bashing

Le groupe de coureurs auquel je me suis accolé depuis un mois compte surtout des anglo-saxons. La dernière fois, un certain J., un oxfordien distingué quoiqu’un peu fin de race, s’est lancé dans un grand numéro de French Bashing : les 75% d’imposition, la dette publique, mais aussi la dureté de la politique d’immigration française et le racisme  ordinaire antimusulman. « Can you actually find something good in France today ?”, demandait-il ? Il y avait dans son propos un amour déçu d’une France mythifiée où des sans-culottes philosophes rédigeraient à la terrasse d’une café une énième Déclaration des droits de l’Homme en buvant du Champagne. Je lui ai dit que le sentiment d’une gloire perdue était partagé par bon nombre de français. Cela participe même de ce que l’on appelle « le mal français » Peut-être souffrait-il lui aussi de cette maladie?

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 « J’ai été agréablement surpris de la qualité du contenu »

C’est toi qui cause à cette réunion. Un truc important, « stratégique », devant les chefs et le nouveau patron de la big corporation. Un type se pointe en avance. Courtois mais avec je-ne-sais-quoi d’onctueux qui te colle aux doigts. Il dit : je suis là en observateur. Il te jauge. Tu l’invite à s’asseoir. Il fait des manières. Ça commence. Tu déroules ton truc. La matière a été travaillée, bien remâchée. Tu tiens ton public parce que tes mots sont les leurs. Ils les ont incorporés, se sont liés à eux et te les rendent. Convaincus. Tu n’es plus un sujet parlant mais un simple corps en résonance. Le type n’a pas de prise sur toi. Il te dit: j’ai été agréablement surpris de la qualité du contenu. Tu notes la condescendance. F*ck ! Tu éclates d’un bon gros rire. Qu’est-ce que les gandins peuvent piger au théâtre ?

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Un silence de bête

J’ai suis rester longtemps coincée dans un assez mauvais livre.  Comme dans un embouteillage, j’hésitais à sortir puis décidais finalement de rester mais ça n’avançait toujours pas. C’est fini. J’ai commencé le livre le Silence des bêtes d’Elisabeth de Fontenay. Le jeune lièvre de Durer en couverture me plait beaucoup. Je ne vis pas avec les animaux et n’ai pas de projection sentimentale à leur endroit mais le monde des bêtes me plait d’une manière obscure et profonde.  Le livre commence très fort et j’ai corné presque toutes les pages.

Shanghai Zen

Ça y est, notre bouquin est sorti.

http://livre.fnac.com/a6896646/Genevieve-Flaven-Shangai-zen

Ben mon vieux, ça fait tout de même kekchose.

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4 Commentaires

  1. Bravo pour ton livre. Tu nous ramène des copies en Chine?

  2. Christine · · Réponse

    Ben s’il est en Anglais ton book, je le propose a mes gonzesses du book club. Elles aiment la « connection personnelle avec l’auteur ». On peut meme t’inviter a en parler lors d’une seance (toujours bien arrosee). Bises Gene-

  3. @Christine. Ben ouais ça serait super cool! Bise, dear. G

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