5 avril, le printemps par défaut

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Corps-mourant

Dans l’avion de Munich à Shanghai, une femme est morte. On ne sait pas très bien comment c’est arrivé. La dame a piqué du nez sur sa tablette puis a été réanimée par l’équipage. Le commandant a lancé un appel aux médecins et infirmières présents à bord. Puis il a dérouté l’avion vers Pékin pour tenter la sauver mais elle était morte hélas, quand l’avion s’est posé. Le commandant a conclu maladroitement : « le problème de santé de la passagère est résolu: elle est morte ». La dame était japonaise. Elle avait 46 ans. Sa dépouille a été débarquée après 6 heures d’attente ; les autorités consulaires japonaises et chinoises devaient autoriser son entrée sur le territoire. On peut encore mourir sans visa mais il faut croire que les cadavres ne passent pas les frontières. Tout cela s’est déroulé dans l’indifférence générale. Était-ce feint ? Après tout chacun fait comme il peut avec la mort. Le commandant a tout de même demandé ne pas prendre de photos quand le cortège est passé. Plus tard, un homme à casquette, confus et affamé après de longues heures desséchantes s’est mis à crier après une hôtesse brandissant un bras vengeur. C’est le scandale de la mort qu’il aurait dû défier.  La dame japonaise avait peut-être formé le projet de rentrer à temps pour voir Sakura. Les cerisiers sont en fleur au Japon.

A Shanghai aussi,  le jardin de ma résidence s’est mis en frais. Les prunus sont couverts de bigoudis roses comme des douairières avant un thé dansant. Il fait bon. Je suis revenue en Chine pour travailler vendredi. J’ai corrigé 20 pulls, sélectionné 30 manteaux et une série d’accessoires. Tu parles d’une impérieuse nécessité !  En plus,  je n’aime pas tant que cela les arbres en fleurs et leur exubérance crémeuse de pièce montée.

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Poète par défaut

Avant mon départ, j’ai rendu visite à Biga, cantor d’Amirat. Avec lui,  la conversation déboule dont on ne sait où dépoitraillée et baroque. C’est un homme qui incite à la clarté et qui fait sonner juste. On a parlé du défaut central de l’existence que la littérature envisage secrètement de réparer. Le temps a filé doux. Biga va sortir un nouveau livre qui sera à mon avis bon comme l’odeur de la baguette fraîche.

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