31 octobre, joie des hauts et des bas

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Joie des hauts et des bas. D’octobre à Décembre, je cours la ville en négociante empressée,  à la recherche de nouvelles affaires ou du renouvellement des contrats en cours. Cette semaine, j’étais chez les ingénieurs: une grande firme de pièces détachées automobiles chinoise, quelques géants de l’électronique et des appareils managers : deux japonais, un suédois, un batave et pour finir en apothéose par les rois de l’ascenseur qui équipent la nouvelle de tour de Shanghai avec 200 élévateurs treuillés à la vitesse de 18 mètres par seconde (ma science est récente). C’est une firme japonaise et leur slogan en chinois donne à peu près ceci : « joie des hauts et des bas ».

La société se trouve à MinHang en banlieue de Shanghai. A côté des usines où l’on plie la tôle avec des presses gigantesques se dresse une tour de contrôle de béton armé qui doit servir à l’évaluation à grande échelle des ascenseurs. Les bureaux un peu plus loin sont bleus et gris et compartimentées par des cloisons opalescentes. Dans ce décor d’une neutralité glacée,  les employés, des hommes jeunes pour l’essentiel, vont et viennent, sans bruit ni fureur, glissant silencieusement sur leur chaussures de sécurité caoutchoutées. Ils portent tous les mêmes pantalons bleus marine, les mêmes vestes de coton bleu électrique et affichent cet air sérieux et décent que donne un ennui modéré.

Avant de commencer la réunion, je suis allée voir la salle d’exposition des ascenseurs que l’on accède par un escalier roulant. On débouche alors sur une vingtaine de portes qui s’ouvrent et se ferment avec un léger tintement; les boutons clignotent. Mais la joie des hauts et des bas n’est pas au rendez-vous. Ce sont des ascenseurs empêchés qui ne vont nulle part. J’ai eu du mal à trouver comment descendre de ce palais des ascenseurs. Playtime !

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Être japonais fatigue.

Deux des entreprises que j’ai visitées cette semaine étaient dirigés par des cadres japonais. Ce sont des hommes entre deux âges, qui parlent avec une voix lente et voilée. Ils sont entourés de chinois dont la rude spontanéité choque leur réserve policée et souffrent en silence sous la férule de lointains directeurs japonais qui ne veulent pas comprendre ce qui se passe ici. Ils flottent ainsi conciliants et compassés dans un état de dissonance prolongée. Être japonais fatigue.

Mon cœur est calme ce matin mais qu’ai-je donc décidé cette nuit ? C’est avec ce fragment de pensée fiché dans le crâne que je me suis réveillée mardi matin. J’avais pris dans mon sommeil une décision qui me concernait mais j’étais bien incapable de m’en souvenir. J’essayais péniblement de retrouver les possibilités qui s’offraient à moi la veille encore mais elles étaient comme effacées par la logique implacable du fait accompli. Quelque chose se décide en soi, pour soi mais on n’en sait rien : l’évidence a rendu la question caduque. Mon problème est aussi qu’ici la réponse a été gommée.

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