6 janvier, Paradise express

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J’ai passé quelques jours de vacances au lieu-dit El Nido, situé sur l’île de Palawan aux Philippines.
A vue d’œil, un paradis de carte postale: palmiers ébouriffés, ilots dodus, eaux calmes et chaudes. La nature tropicale prend ici toute la place et parait absorber la vitalité des hommes comme si son exubérance ne souffrait pas de compétition. Les hommes, anges déchus de cet éden tropical sont comme des feuilles tombées de l’arbre de la Vie. Ils sont grassouillets et cuivrés de peau. Dans leur enfance, ils frétillent encore un peu et sautent dans les vagues.

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Puis la langueur les prend et ne les lâche plus. Coupés de la nature par la manne aisée du tourisme, ils somnolent en attendant le vacancier. Allongés sur des nattes de bambous tressés, ils fixent des heures durant leur flip-flops importés de Chine de leurs yeux embrumés par les vapeurs d’un rhum frelaté . Le vent les remue doucement puis les emporte sans laisser de traces.

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L’Inde pousse un peu sa corne ici, dans les longs cheveux noirs des femmes, luisants et ondulés, dans les tricycles bariolés où la tête d’un Christ ensanglanté remplace la figure bonasse de Ganesh. C’est peut être aussi la misère, pareille sous tous les soleils. Elle nous fixe depuis les sombres échoppes grillagées où on vend à l’unité, du shampoing, des bouteilles de gazoline verte comme du sirop à la menthe et des snacks affreusement gras et sucrés. Elle est aussi dans les chiens jaunâtres affalés sur la route qui s’enfuient peureusement au passage des scooters, la croupe mangée de parasites. Les cochons sont de loin l’élément le plus vivant de ce paradis mollasson. Ils sont roses et turbulents occupés sans répit à se remplir la panse.

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Je me suis accommodée de la nonchalance du lieu, si éloigné de ma vie chinoise et de ces dernières semaines exténuantes. Un signe : j’ai commencé l’année en m’évanouissant. Peu près minuit, j’ai tourné de l’œil et suis tombée dans l’eau tiède. Ce n’était pas désagréable d’entrer dans l’année par un aveu de faiblesse. C’est un brin rasoir le paradis, comme tout ce qui est éternel , mais c’est tout de même assez joli.

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2 Commentaires

  1. Christine · · Réponse

    Nonchalante et molassonne… cette ile dodue aux palmiers ebouriffes m’irait comme un gant!
    Malaise vagal?

  2. Je n’y crois pas un seconde connaissant ton besoin de mouvement. Je ne sais pas pour l’évanouissement. rien de grave. près je me portais comme un charme. juste mouillée.

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