26 Octobre, quelque chose s’est passé

L’écriture du livre des 99 women a commencé pendant dans le flottement automnal de la Golden Week. A quelques jours des représentations, on me croyait si affairée qu’on n’osait plus me déranger. Je viens de le terminer : il comprendra le texte de la pièce en trois langues, son contexte en anglais et français et une sélection de photos prises par Liz Hingley. Avec cet ouvrage, quelque chose s’achève. C’était une expérience étrange d’écrire par anticipation et de « communiquer avec l’avenir ».

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Je craignais le vide de l’après-scène, je n’en ai pas assez. Ces deux dernières semaines, j’ai glissé sur la vague de traîne creusée par le succès de la pièce. Salle comble chaque soir et une poussée considérable d’énergie sur scène. Le public féminin a aimé. Les hommes ont été en général plus déroutés. La diversité des femmes en scène a sans doute brouillé leurs repères féminins mais ils ont apprécié en connaisseurs, l’impressionnante « machine de guerre ». On n’échappe pas aux métaphores militaires. Jojo, ma Mona Lisa « queer » m’assomme d’éloges plus extravagants les uns que les autres. Au finish, il m’écrit: « c’était aussi bon que Forever 21 ». Haha ! Critique théâtrale définitive !

Quelle suite sera donnée à cette campagne si rondement menée ? Des pistes se profilent déjà. La pièce est plastique et mobile : un nouveau projet commencera dans un autre pays, et peut être une autre ville de Chine. Une représentation unique sera donnée en Décembre à Shanghai avec un casting réduit et une mise en scène renouvelée. Une actrice m’a écrit : « Je suis prête à recommencer l’aventure et à détourner tous les avions qu’il faudra (c’est son personnage)». On prépare une fête fin Novembre pour réunir à nouveau ce phalanstère éphémère.

Pour clore cette grande affaire, j’ai lu samedi dernier de longs extraits de Shanghai Zen dans un Lilong de Shanghai avec Kiki qui déclamait les textes en chinois ; Jordan jouait à l’accordéon des vieux airs de la Shanghai des années 30. Sur une scène minuscule appuyée contre la porte N° 89 d’un immeuble inhabité, je parlais à la nuit, vibrante et tiède. Le public assis sur des tabourets de plastique bleus m’écoutait raconter la vie matérielle des fantômes qui vivaient ici. L’intimité poétique m’a ramené à des justes proportions et démantelé la grandeur presque utopique du projet. Une voix qui parle dans la nuit fait l’habit de tous les jours.

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Je renoue avec mes tours matinaux dans le quartier et fais moisson d’images.  Le coiffeur du quartier a investi dans un nouvel équipement. C’est un casque percé de trous. La cliente y glisse sa tête et très vite des fumerolles s’échappent du casque. Des pensées blanches bouillonnent elles là-dedans ? Le vieux monsieur que je voyais chaque matin assis dans son fauteuil roulant tient bon sur ses jambes.  Je l’ai croisé bon pied, bon œil, en train de gigoter suspendu à un arbre. Il possède tout un attirail d’objets étranges, boule hérissée de piquants, tapette à mouche, ressors et poulie avec lequel il se bricole un programme de gymnastique à la diable et moyenâgeux. Les chinois ont le génie du rafistolage.

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