29 novembre, des leçons restent à apprendre

tumblr_nwjbbzDBPc1qa2qxto1_1280La première aventure des 99 women s’est conclue mercredi par une soirée de retrouvailles dans une galerie d’art situé près de la rivière Suzhou. Fatiguée par des réveils exagérément matinaux ces dernières semaines et un brin fiévreuse, je m’y suis rendue en traînant des pieds. En public, une ancienne gaucherie me saisit et je me tortille maladroitement, les pieds rentrés en dedans. L’angoisse de se promener cul nu dans une rue très fréquentée : tu connais le cauchemar ordinaire des timides. J’aime mieux la scène qui m’enveloppe d’une seconde peau. Je m’y sens mieux « parée ». Au finish, tout s’est bien passé car les 99 women ne sont pas des tirailleurs embusqués.  Sans trop faire de chichis, j’ai répondu aux questions, souvent pertinentes et toujours bienveillantes des femmes, rassurée par la pensée qu’on pratique, quoiqu’on fasse, l’art consommé de l’esquive. La « Vérité » se dérobe toujours et on n’est vrai que par accident. Mais le moins qu’on puisse faire, c’est de se disposer à la laisser s’échapper et trouver son chemin, à l’aveuglette, jusqu’à son destinataire.

Le livre est imprimé:  il comprend le texte de la pièce, mon journal de bord et les photos de Liz. Je l’ai composé un peu trop vite à mon goût avec le sentiment que je n’avais pas eu le temps de tirer les leçons apprises depuis un an.  Toutefois, je n’ai pas rechigné à me soumettre à cet examen et c’est un travail honnête, complet et esthétiquement réussi que j’espère utile aux participantes et aux curieux. Pour moi, je bute encore sur une énigme, d’autant plus opaque que la réponse est déjà là. On apprend quelque chose mais quoi ? Pour l’heure, je suis dans l’inconfort de la question.

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Je lis en ce moment le livre de Simon Leys sur la révolution culturelle chinoise (« Les habits neufs du Président Mao ») prêté par M. Je suis admirative de sa capacité à lire l’événement en temps réel. Fallait-il qu’il soit extralucide pour lire entre les lignes et décoder les discours boursouflés de propagande maoïste. JC m’a conseillé de lire à la toute fin de l’ouvrage (800 pages tout de même) la critique de Leys sur les Impressions d’Asie de notre BHL national. Mon vieux, ce gars-là restera dans les mémoires, non par son pédant babillage de touriste philosophe (seul un garçon-coiffeur surentraîné peut égaler une telle platitude) mais par cette qualité, rare quoique totalement involontaire, de susciter des portraits réjouissants par les critiques les plus mordants de son temps.

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