20 mars, voie rapide

Je suis partie quelques jours en France après une intervention à Ladyfest, un festival punko-féministe organisé dans les locaux humides en sous-sol d’un studio d’enregistrement du coté de Pingwu lu. 92 femmes y présentaient des trucs plus ou moins réussis: arts plastiques, workshops, performances jaillis d’une spontanéité sympatique mais parfois brouillone. Le genre « arty patatouille », tu vois ?

Moi qui aime sentir le bel ouvrage, les feuilles du temps, épaisses et invisibles, leur fini, leur velouté, leur profondeur réconfortante regardais cela avec perplexité. Si nous choisissons d’être laids, au moins soyons-le parfaitement. Deux filles poètes étaient excellentes et elles ont slamé un poème sur les métamorphoses possibles de la poupée Barbie auxquelles Mattel n’a certainement pas pensé: malin et réjouissant !

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Nice ou l’éclat du soleil ! L’air vibre d’une lumière si riche qu’en fermant à demi les yeux on peut apercevoir des petites mitochodries presque transparentes qui tourbillonent sur la toile bleue du firmanent (est-ce un phénomène optique ? )

J’ai revu ma bande de vieux copains et pris des nouvelles : les derniers exploits sportifs des uns, les travaux de rénovation des autres, les soubresauts de la vie personnelle… R et F sont devenus parents d’une petite fille venue du nord de l’Inde aux yeux immenses, à l’oreille fine – son instrument préféré est la harpe – et au sourire désarmant. Leur joie est palpable.

Direction Génève pour la première du spectable de danse d’E. « Mon sac de larmes » dont j’ai écrit le livret. A l’aéroport, j’apprends que je suis en « overbooking » et je tente de me calmer en attendant le verdict des cerbères d’Easyjet. Ce serait trop bête vraiment de ne pas prendre cet avion. Je passe à l’arraché. L’avion est plein à craquer de Genevoises au teint fleuri garnies de colifichets couteux.

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Le spectable se passe bien. E est contente et apaisée. Sa partenaire de danse, une « écorchée vive » (elle se présente comme telle et ce titre lui sert d’ambassade) me dit combien le sujet de la pièce (les larmes prohibées) l’a mise à la torture. Ah bon ? J’écoute mais ne répond pas. C. me fait remarquer mon peu d’empathie avec semble-t-il une légère nuance de reproche. Qu’y puis-je si un conte de fée réveille en elle des souvenirs douloureux ? Les adultes s’inquiètent de la noirceur masquée des fables. Mais les enfants rient du « pestacle ». C’est le plus important.

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A Paris, je prends un café avec P qui s’affirme de plus en plus comme artiste peintre. Elle me raconte qu’elle a rencontré presque par hasard le type dont elle avait peint le bras d’après une photo publiée dans le journal Libération quelques temps auparavant. Quelle histoire ! Il faut croire que l’œuvre d’art a un certain pouvoir de voyance qui parle à l’avenir. Voilà pourquoi, il faut se méfier du dernier mot écrit à la fin d’un texte. Va savoir où cela pourrait nous mener.

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