27 novembre, un atout dans la manche

La semaine dernière j’étais bien abattue par une accumulation excessive de revers professionnels. Sans doute, ma plainte était légèrement exagérée – on a tendance à tout dramatiser – mais elle m’a valu quelques saluts amicaux appréciés. La frustration est aussi un atout considérable dans la manche de celui qui écrit. Le potage amer que la vie sert parfois en plat de résistance est l’amuse-gueule d’un festin toujours possible. Bref, les ennuis passent. Ou pas. Le tout est d’en faire quelque chose. Ecrire reste un savoir-vivre.

Cette semaine, j’ai découvert que mon ancienne assistante avait « hacké » mon compte alipay (Alipay est une application de paiment mobile très populaire en Chine). Quelques jours avant de démissionner, elle a changé le numéro de téléphone de rattachement de l’application et siphoné mon compte bancaire pour régler ses factures. J’ai mis quelques temps à m’en rendre compte car je n’utilise pas beaucoup Alipay pas plus que je ne regarde mon compte en banque chinois qui est un simple dépôt de fonds pour payer des dépenses courantes somme toute assez modestes.

J’ai demandé l’aide de mes collègues chinois pour régler le problème avec Alipay et tous m’ont conseillé d’aller voir la police pour obtenir réparation. Renseignement pris, elle risquait la prison. C’est qu’on ne rigole pas en Chine. J’ai pensé à l’avenir de cette jeune femme, que j’appréciais beaucoup, et la sanction me paraissait disproportionnée par rapport à la faute commise. Je l’ai donc appelée et j’ai pu constater l’efficacité conjuguée de la surprise et de l’effroi sur l’escroc amateur. Coincée, elle m’a remboursé une bonne partie de la somme qu’elle m’a dérobée dans l’heure qui a suivi mon appel et je pense que je pourrais recupérer le reste d’ici peu.

Evidemment, cette indélicatesse ne tombe pas très bien. Au fond, je souffre moins en ce moment de ma difficulté à conclure des affaires avec des industriels chinois, plus frileux et court-termistes que naguère, que de la défection de mes collègues chinois sur le terrain de la loyauté.

Vendredi, je défendais une proposition devant un certain Jacky F., un chinois matois et rigolard qui brasse un business assez considérable dans le textile et la confection. Il était tenté, je le savais, mais voulait d’abord que je lui « prove my capabilities » (antienne connue). Je le bousculais un peu pour mieux deviner ses mouvements  et c’est alors que mon collègue W m’a torpillé en pleine scéance pour me dire que je ne devais pas lui rentrer gentimement dans le lard comme j’étais en train de le faire. Or notre Jacky était un commercant avisé, rude mais certainement pas un imbécile. Il m’écoutait et notre passe d’armes, à l’évidence, lui plaisait. J’ai du remettre à sa place le petit W, ses prudences cauteuleuses, son allégeance servile, ses excuses toutes trouvées d’une débandade programmée avant de revenir à Kungfu Jacky. Batailler sur deux fronts affaiblit. Nul besoin d’être expert en stratégie pour comprendre cette humble vérité.

La représentation d’Un sac de Larmes a obtenu un joli succès. Les enfants étaient  captivés, ils ont ri aussi, délicieusement apeurés par la performance de C. méchamment comique. « Est-ce qu’elle redeviendra gentille, après ? » a demandé son fiston. « Poétique », « intelligent « , voilà ce que j’ai entendu dans le public. Mon vieux, on ne peut pas se tromper tout le temps.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :