Archives de Tag: Les chinois

9 juillet, Sisyphe

Le fruitier du coin de la rue J. et Y. a fermé soudainement. Le matin encore, un peu avant 8 heures les étals étaient remplis de jolis mangoustans noir indigo sculptés comme des boutons de portes, de litchis serrés en essaims piquants, de pêches fessues à la peau jaune et rose et blanche, et tout […]

1er juillet, croisements

Je devais aller à Guangzhou le weekend dernier pour une dernière lecture de Lisa organisée dans le cadre du festival Croisements.  Mais les pluies de juin en ont décidé autrement. Juin est immensément humide (l’emphase est justifiée, crois-moi). Tout devient spongieux et certains allergiques réagissent en se couvrant de pustules batraciennes. Les vols étaient annulés, […]

25 juin, flash fiction

Terry est mort au Mexique. C’était un homme déjà assez âgé. Il souffrait d’un cancer de l’œsophage, de l’espèce foudroyante et sans pitié. Je l’ai rencontré à Shanghai il y a quatre ans, alors qu’il se lançait à plus de 70 ans, dans l’arène artistique de Shanghai, comme « jeune peintre » américain désargenté mais plein d’espoir. La […]

27 mai, avec son potentiel

Trois semaines que j’attendais ça : dormir de tout mon content et renouer avec le fil de mes chroniques chinoises. Mais les derniers week-ends ont été envahis de servitudes pressantes : la lecture à haute voix des aventures de Lisa devant des parterres d’enfants attentifs, l’accueil d’une escouade de cadres d’une société française en tournée chinoise et […]

16 avril, petit marché des contradictions

L. a trois enfants, trois blondinets aux yeux bleus. En Chine, ce sont des rock stars. Un essaim de chinois turbulents leur fait cortège à chaque fois qu’ils mangent une glace vanille-fraise, qu’ils se baladent en petit train ou marchent simplement dans la rue. L. me montrait ses photos de son voyage à Guilin. Ses […]

28 janvier, fin des bons sentiments

L’élection de Te Lang Pu (Trump en pingyin) me laisse dans un état de sidération et d’indignation qui dure. Je vois comment il a gagné mais au fond je ne comprends pas bien pourquoi. Et je m’inquiète de l’apathie des « braves gens » lors des prochaines élections en France. Démocrates endormis, nous sommes tellement habitués à ne […]

14 janvier, grandeur et énergie

Ces temps-ci, ma vision du bonheur terrestre serait à peu près celle-ci: lire 8 heures par jour dans mon lit. Les agités ont parfois des plaisirs d’anachorètes ;  la lecture offre l’alibi précieux du mouvement sans gesticulation, elle astreint la volonté d’agir à une convalescence forcée, au lieu que celle-ci se retourne contre elle-même, tourmentée d’être […]