Archives de Tag: Littérature

6 août, repli providentiel

Il fait très chaud à Shanghai depuis quelques semaines. Ça et là le ciel chauffé à blanc crève comme un chancre, il vomit une pluie violente et brève puis la canicule revient imperturbable, bien calée au-dessus de 35 degrés. Les balayeurs de rues cherchent la fraîcheur assis par terre dans les convenient stores réfrigérés par […]

9 juillet, Sisyphe

Le fruitier du coin de la rue J. et Y. a fermé soudainement. Le matin encore, un peu avant 8 heures les étals étaient remplis de jolis mangoustans noir indigo sculptés comme des boutons de portes, de litchis serrés en essaims piquants, de pêches fessues à la peau jaune et rose et blanche, et tout […]

24 décembre, bifurcations

Dans trois jours, j’ai 47 ans. J’aborde la période-des-fêtes-oui-c’est-sympa- mais-vivement-qu’on-en-sorte à Shanghai sous un ciel épais comme un gruau boueux. L’année 2016 a été rude et la course du monde n’a pas aidé, pas vrai ? Cette semaine, je devais aller à Pékin. La pollution atteint des sommets en cette période de l’année et a empêché […]

6 novembre, l’art d’être inconstant

J’ai mes habitudes dans un boui-boui ouighur de la rue X. J’y mange des nouilles fraîches en soupe (avec émiétté viandeux et coriandre frais) ou à l’assiette (avec tomate, poivron et oeuf brouillé). L’ouverture récente d’un estaminet de woton, ces gros raviolis chinois fourrés de viande et de légumes flottant dans un bouillon clair ne […]

Le 16 Octobre, rêver trop fort

« Raconter ses rêves n’a aucun intérêt ». C’est une de ces opinions qui m’était chère sans que je sache vraiment pourquoi, alors même que l’expérience des récits de rêves des autres aurait maintes fois suffi à démentir ce verdict. Donc je ne racontais pas mes rêves et ceux-ci déguerpissaient peureusement au réveil. Je les oubliais aussitôt. […]

24 septembre, les expressions

J’ai dit à A « hâte-toi lentement » : un simple encouragement sans y penser, alors que je la voyais penchée sur les gammes de couleur d’un client. Prononcer cette phrase a fait se lever en moi le souvenir de mon père. Au début a toujours été le verbe. Je me suis souvenu alors des expressions de […]

26 juin, de beaux salauds

J’ai lu récemment les deux livres les plus célèbres de Gao Xingjian, prix Nobel de littérature (2000) : La Montagne de l’Ame et le Livre d’un Homme Seul. Ce sont des grands livres et pas seulement pour mieux saisir de l’intérieur l’expérience de la Révolution Culturelle. Le narrateur est coupé en deux : son être social appelé […]